Intervention de Pernelle Richardot, Conseil National du samedi 13 octobre

Cher.e Camarade,

Je voudrais vous rappeler (pour celles et ceux qui en douteraient) les destins de la gauche en Europe et de l’unité européenne sont intimement liés.

Ce constat, c’est aussi le sens de la clarification construite à travers le chantier Europe, exprimée fortement par les militants lors du vote de jeudi.

Nos combats sociaux, écologiques, humanistes n’ont un sens que s’ils trouvent un débouché à travers une forme d’Europe providence. C’est à dire, une construction politique au service des citoyens et contrôlée par eux mêmes.

Mes cher.e.s camarades, nous le savons toutes et tous,

Depuis près de 15 ans les égoïsmes nationaux ont pris le pas sur toute forme de solidarité européenne. Et dès lors que le « chacun pour soi » est devenu la règle en Europe, comment s’étonner de l’émergence des nationalistes, champions du repli identitaire ?

Nous devons -nous aussi (enfin) – avoir le courage de tirer le bilan de cet échec : parce que nous avons refusé de poursuivre l’intégration européenne, nous avons accrédité l’idée que seule la nation protège.

Ces dernières années, l’identité est apparue plus protectrice que les droits et le retour aux valeurs traditionnelles plus rassurant, voire salvateur pour des citoyens perdus….

Mes cher.e.s camarades,

Une partie de la gauche est sur les point de succomber à cette tentation nationaliste. Jusque dans nos propres rangs…..je le regrette profondément mais finalement, le vote de jeudi à le mérite de permettre la clarification que chacun, chacune d’entre nous attendait depuis 2005.

Rompre avec le libéralisme et le nationalisme c’est poursuivre le chemin de l’Unité européenne. ll est temps d’avoir le courage d’affirmer un projet européen fait d’engagements clairs et de sortir des positions ambiguës.

Ce texte est ambitieux. Il clarifie sur bien des points la position des socialistes…

Nous aurions pu aller plus loin…. Comme s’engager sur le renforcement du poids des régions au sein du comité des régions dans la procédure législative européenne et la politique de cohésion,

Nous engager aussi fortement pour que la mise en place d’un espace de droit homogène fondé sur la Convention européenne des droits de l’homme et la charte sociale constitue un objectif politique impératif,

Enfin, nous aurions pu rappeler (en l’écrivant) que pour les socialistes, la place de Strasbourg, symbole de cette démocratie parlementaire renforcée, n’est pas négociable.

Je veux le dire ici – et même si cela fait (encore) débat dans notre parti – contrairement à ce que certain tente de faire croire, il n’y aura pas de politiques publiques sociales européennes ambitieuses sans un réel approfondissement de l’Europe politique ; Il n’ y aura pas de politiques publiques fortes, d’harmonisation fiscale, de lutte contre le dumping sociale sans une Europe fédérale.

C’est de ce débat là dont nous – socialistes français et européens – nous devons nous saisir….
Et c’est bien ce débat là dont Emmanuel Macron ne veut pas car fatalement, il le démasquerait. En se positionnant, il se placerait à droite ou à gauche de l’échiquier politique.

Mes cher.e.s camarades,

L’Europe est à la croisée des chemins. Nous avons maintenant un texte, nous devrons aller défendre nos positions au PSE en décembre puis nous lancer ds la campagne !

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