Lyauter: Jean-Philippe pas d’accord avec Maurer

 

Communiqué de presse de Mathieu Cahn,

Premier Secrétaire Fédéral et mandataire départemental de François Hollande

Le 14 mars 2012

 Il va falloir s’y faire. Notre député sortant Jean-Philippe Maurer dévoile peu à peu sa stratégie électorale : se démarquer le plus possible des aspects les plus tragiques, et ils sont nombreux, du bilan des cinq années de sarkozysme UMP que la France vient de subir.

Échapper au bilan, à tout prix, pour se refaire une virginité « humaniste ». Dans une sorte de grand écart schizophrénique, où le Maurer de Paris aurait ignoré les attentes du Jean-Philippe de la Meinau !

Dernier exemple en date : les cris d’orfraie qu’il a poussés, à l’annonce du projet du ministre de la Justice Michel Mercier de transformer l’ancien quartier militaire Lyautey au Neuhof en centre de détention pour courtes peines.

On ne fera pas l’injure à notre député de croire qu’il n’a pas été mis au courant de ce projet par ses amis du Gouvernement, sauf à le soupçonner d’inutilité, ce qui serait autrement plus grave. Non, Jean-Philippe Maurer était parfaitement au courant de ce projet. Il fait mine de le découvrir. Il ne devrait pas.

Car ce projet n’est que la conséquence logique et cohérente d’une politique sécuritaire très répressive, mise en œuvre par l’UMP depuis 10 ans, sous l’égide de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur puis président de la République. Depuis 2005, pas moins de 18 lois ont été votées par l’Assemblée Nationale pour renforcer les dispositions sécuritaires et carcérales de notre pays ! On se souvient du réflexe populiste, qui consistait à répondre à chaque fait divers tragique par une nouvelle évolution de la loi, au risque de déstructurer l’ensemble de notre édifice de justice et de déstabiliser tous les acteurs de la chaîne judiciaire, des policiers aux juges.

A aucun moment, notre député sortant ne s’est démarqué de ces dérives. Il les a toutes votées, le doigt sur la couture du pantalon. Et maintenant, il s’offusque de leurs effets. Comme si on pouvait faire des prisonniers sans créer de prisons ! A force de considérer chacun comme un délinquant potentiel, l’UMP nous a fait entrer dans un cercle infernal où la répression prime sur la prévention, la recherche de peines alternatives à l’enfermement ou l’accompagnement des détenus pour préparer leur réinsertion.

Ces dernières années, la France est le pays d’Europe où les prisons ont le plus débordé. On compte actuellement plus de 65.000 détenus dans nos prisons qui n’offrent que 57.000 places. Nicolas Sarkozy et l’UMP de Jean-Philippe Maurer veulent atteindre 80.000 places en 2017, continuant leur logique implacable d’incarcération systématique.

Jean-Philippe Maurer ne peut pas, dans une pirouette démagogique, se défaire du bilan de sa mandature, qui est celui du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Il faut d’urgence que Jean-Philippe se réconcilie avec Maurer et assume son bilan.

 

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