Pour une Europe intégrée, centrée sur les hommes

Tribune de Natacha Paris-Ficarelli,

Secrétaire fédérale à l’Europe de la Fédération du Parti Socialiste du Bas-Rhin

Le 7 mai 2010

9 mai 2010, journée de l’Europe et 60e anniversaire de la Déclaration Schuman

Pour une Europe intégrée centrée sur les hommes

Le soixantième anniversaire de la Déclaration Schuman est l’occasion de faire le point sur la réalisation du projet européen des Pères fondateurs ; un projet ambitieux, éminemment politique et particulièrement actuel. « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble, elle se fera par des réalisation concrètes créant d’abord une solidarité de fait », est-il annoncé dans la Déclaration.

Dans la méthode Monnet, la réalisation d’un espace économique commun à partir de l’échange de charbon et d’acier n’était pas conçue comme une fin en soi, mais un moyen qui devait permettre l’intégration progressive d’autres secteurs et assurer la prospérité pour garantir la paix sur le continent.

Aujourd’hui, on ne peut que constater que ce projet inédit, au centre duquel se trouvaient les hommes, a été dénaturé par la gestion molle et intéressée de ceux qui ont succédé à Jacques Delors. Confronté à la crise économique et financière, l’édifice que l’on croyait solidement réalisé, au moins dans sa dimension économique a été atteint dans ses fondements. Mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas l’Europe qui a failli dans l’épreuve de la crise, mais ceux qui la gouvernent : au premier chef, José Manuel Barroso, incapable d’assurer la coordination des Etats pour en contrer les effets à l’échelle de l’Union Européenne, et les chefs d’Etat eux- mêmes, plus soucieux d’afficher la posture du repli démagogique que de s’attaquer au chômage galopant et à la paupérisation spectaculaire des Européens.

Face à la détresse des citoyens, on ne peut se contenter d’une régularisation financière a minima qui laisse une large marge de manoeuvre aux spéculateurs. Contre l’injustice d’un bouclier fiscal que l’on tente aujourd’hui de nous imposer en France, contre une réforme des retraites ne tenant pas compte de la pénibilité du travail, contre le discours qui consiste à dire que les mesures les plus iniques (en particulier celles qui portent atteinte au service public que l’Etat se doit de garantir) nous sont imposées à Bruxelles et qui omet de préciser la couleur politique des décideurs actuels de l’Union européenne, nous, les socialistes et socio-démocrates, défendons la mise en place au niveau européen

  • d’un contrôle plus étendu sur les échanges financiers ;
  • de mesures fiscales sur la spéculation ;
  • d’un « SMIC » commun qui protège de la précarité et garantisse le pouvoir d’achat des salariés ;
  • de mesures sociales qui, s’appuyant sur les exemples nationaux les plus avantageux, garantissent l’accès à la santé et assure la protection des femmes, des hommes, des jeunes et de nos aînés.

« Nous ne coalisons pas des Etats, nous unissons des hommes ». Il faut en effet revenir aux fondamentaux en recadrant le projet aujourd’hui dévoyé sur ceux et celles qui habitent l’Europe. En cette date anniversaire et au regard des épreuves que nous traversons, nous réaffirmons notre attachement au projet européen et notre volonté d’approfondir la coordination des politiques économiques des Etats. Notre projet s’inscrit donc dans la perspective de l’instauration d’une gouvernance économique européenne solide et équilibrée. Or, pour s’affranchir du recours au Fond Monétaire International, cet impératif nécessite que des négociations soient engagées dès à présent sur la mise en place d’un Fond Monétaire Européen.

Fidèle à la pensée des Pères fondateurs, mais dans un contexte bien différent, notre objectif demeure la sécurité et la prospérité de tous.

Previous post
Next post

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *