La fin de l’audiovisuel public : par Catherine Trautmann

En faisant de la suppression de la publicité la pierre angulaire de sa réforme de l’audiovisuel public, Nicolas SARKOZY a fait « coup double » en fournissant de l’ordre de 350 millions d’euros de recettes supplémentaires aux groupes privés (parts de publicité et deuxième coupure) tout en mettant l’audiovisuel public en cessation de paiement annoncée.

La taxation proposée, née de l’effet d’aubaine publicitaire dont bénéficient maintenant les chaînes privées comme les opérateurs de téléphonie et les fournisseurs d’accès internet, ne pourra compenser l’énorme “trou” de l’audiovisuel public ainsi créé. C’est en effet près d’un milliard d’euros qui manque désormais au groupe public pour rivaliser avec ses concurrents commerciaux ou publics au plan européen. Pour Catherine TRAUTMANN, la suppression de la publicité sur les écrans de télévision des chaînes publiques est une mesure totalement démagogique et extrêmement dangereuse pour le maintien d’une pluralité des médias dans notre pays.

A l’évidence, au-delà de tous ces cadeaux au secteur privé (chaînes bonus, publicité, allègement des seuils de concentration…), la loi débouchera sur le sabotage de l’audiovisuel public, qui sera plus dépendant du pouvoir politique dans son fonctionnement, encore plus limité dans sa production et sa programmation et saigné par la suppression de nombreux emplois. L’audiovisuel public sera dorénavant dirigé par  un Président que Nicolas SARKOZY nommera lui-même après avis d’un CSA et d’une majorité de parlementaires acquise à sa cause.

L’avenir de notre audiovisuel public s’annonce très sombre car il ne ressemble en rien aux grands projets exemplaires de l’audiovisuel britannique ou allemand. La France fait aujourd’hui le choix de la « télé Berlusconi » qui pourra encore plus facilement nous vendre ses programmes de « télé réalité ».

Catherine TRAUTMANN, ancienne Ministre de la Culture et de la Communication, Députée européenne, dénonce cette main mise du Président de la République sur une télévision publique affaiblie et assure l’ensemble des salariés du secteur public de l’audiovisuel français en grève de son soutien. Elle réaffirme que d’autres options sont possibles pour le financement renforcé d’un service public audiovisuel ambitieux, innovant et véritablement indépendant, garant de la démocratie, du droit à l’information, socle d’une véritable citoyenneté.

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